Antonin Compère : lauréat du prix PlayRight+ de l’IAD

PlayRight+ poursuit la remise de ses prix et continue, de pair avec les équipes enseignantes des hautes écoles et universités belges, sa tournée pour récompenser les élèves qui se sont distingués pendant leur apprentissage et leur cursus en tant qu’artiste-interprète cette année.

Antonin Compère, lauréat du prix PlayRight+ 2018 à l’IAD

La cérémonie qui a eu lieu à l’IAD ce mardi 18 septembre était toute particulière puisqu’il s’agit de la première collaboration avec l’Institut des Arts de diffusion. L’équipe du master d’Art dramatique de l’IAD a donc, au terme de critères qui leur appartient de définir, sélectionné le lauréat du prix PlayRight+. Société chargée de percevoir et de répartir les droits voisins aux artistes-interprètes, l’unique critère prescit par PlayRight dans le cadre de la sélection du/de la lauréat.e est le suivant : la sélection doit se faire sur base des prestations en tant qu’artiste-interprète.

Pour le reste, une totale liberté est laissée au corps enseignant dans le choix de celui ou celle qui bénéficiera du Prix PlayRight+. L’annonce de la bonne nouvelle a été laissée aux soins de Luc Van Grunderbeeck, directeur de l’option art dramatique à l’IAD qui faisait également ses adieux à l’école avec 25 années de bons et loyaux services :

Tout choix est complexe, vraisemblablement subjectif, et profondément injuste pour toutes celles et ceux qui n’ont pas été choisi.e.s, mais hélas le prix Playright est indivisible.

A nous donc de réfléchir et d’avancer des postulats.

Pour ce coup, plus que l’efficacité sur le plateau, le brillant, la qualité vocale ou que sais-je, il nous a semblé que récompenser un parcours fait de prises de conscience, de travail, de courage, de créativité, d’humilité pouvait être une bonne piste (pour cette année en tout cas).

Nous avons donc voulu épingler le parcours d’un étudiant qui s’est distingué par sa remise en question, son envie de recherche, sa curiosité, sa gourmandise, ses initiatives, ses propositions acrobatiques, corporelles ou dansées, sa ténacité à travailler pour arriver à ce qui lui était compliqué ou pour produire ce qu’il avait en tête, son éthique (appréciable dans ses critiques de spectacles ou d’initiatives à prendre dans l’école), sa solidarité avec les autres étudiants et son engagement à tous niveaux que l’on a pu sentir dans les conseils d’option, sans oublier non plus son sourire, son aura, sa poésie.

Aujourd’hui, les acteurs que l’on voit émerger dans le paysage théâtral, après l’école, sont plus que de simples exécutants. On attend d’eux qu’ils proposent des idées de projets, des réflexions, des points de vue sur le monde qu’ils soient politique, social, littéraire, ou alors qu’ils proposent une approche visuelle, plastique, gestuelle ou tout à la fois, ORIGINALE.

A l’option théâtre de l’IAD nous prenons conscience qu’il faut préparer les étudiants à pouvoir répondre à cette nouvelle orientation en adaptant petit à petit notre cursus par des ouvertures à l’autonomie, par l’écoute aussi des propositions des étudiants c’est, entre autre, dans ce sens que nous proposons à ceux et celles qui le souhaitent de prolonger d’un an leurs études s’ils ont un projet en tête.

Celui que nous souhaitons donc proposer au prix Playright cette année, a voulu s’engager dans cette année supplémentaire pour tenter une création tout à fait singulière. Il s’est transformé en une sorte de Maître de cérémonie ou Maître de jeu, il a suivi des formations gestuelles en-dehors de l’école, sachant pertinemment ce dont il avait besoin, a réuni autour de lui une équipe d’acteurs venus d’horizons différents et, sous sa houlette, cette équipe a conçu un travail étonnant, entre jeu, improvisation, courses folles, musique, combats improbables d’héroïc fantasy, impertinence etc… Dans cette proposition étonnante, notre maître de cérémonie jouait, regardait, dispatchait, relançait le jeu avec un plaisir et une autorité évidente créant un objet théâtral nouveau chaque soir, ici et maintenant devant les spectateurs. Un opus complètement différent de tout ce qu’on avait pu lui enseigner. Ce qui est une grande joie pour les pédagogues, voir que l’on n’a pas formaté mais aidé, allumé. Cette création lui a valu la plus grande distinction en juin dernier.

Je parle évidemment de Ouloulou-Volcanique, je parle évidemment, pour ceux qui ne l’aurait pas encore deviné, d’Antonin Compère.

Antonin Compère jouera prochainement au C12 dans Softness, Un spectacle de danse-théâtre de Lorena Spindler :

Il travaille en parallèle à la diffusion de Ouloulou-olcanique, oeuvre de fin d’étude que le jeune diplômé a mis en pièce.