Est-ce-que la passion, ça rapporte? Le cas des musiciens

25 novembre 2016

Les résultats de l’enquête nommée « Loont Passie ? » (« la passion rapporte ? ») ont été publiés cette semaine. L’étude, qui porte sur la situation socio-économique des artistes en Flandre, a été menée par CuDOS (groupe d’étude de l’Université de Gand) et fait suite à « Acteurs in de spotlights » (« les acteurs sous les projecteurs »), une enquête similaire portant sur la situation des comédiens.

2706 artistes ont participé à l’étude, faisant de Loont Passie ?  l’enquête avec le meilleur échantillon du paysage artistique flamand. La participation de PlayRight a également permis d’obtenir un large panel de musiciens professionnels puisque 899 d’entre eux ont pris part à l’étude et constituent le plus grand groupe de répondants.

Quant aux résultats, ils parlent d’eux même. Le musicien flamand y apparait comme un entrepreneur qui travaille dur, des efforts qui ne mènent pas pour autant à une rémunération. Si 90% des prestations live sont rémunérées, que 70% du travail fournis en studio l’est et dans 50% des cas le travail d’écriture et de composition n’est pas payée non plus.

Sven Gatz, ministre flamand de la Culture, était présent lors de la présentation des résultats et en a reconnu la pertinence.  Le ministre a promis une augmentation de 10 millions pour le financement de la culture et un contrôle plus strict des rémunérations auprès des organisations qui font appel à des artistes.

Les musiciens doivent, pendant ce temps, compléter leurs revenus en exerçant d’autres activités professionnelles : en Flandre, 60% des revenus des musiciens professionnels proviennent de l’enseignement ou du coaching. En plus de leur activité musicale, l’autre partie de leurs revenus vient du secteur non-artistique, majoritairement l’éducation et les loisirs. Au final, seulement 12% des musiciens peuvent prétendre à vivre entièrement de leur activité de création et d’interprétation. À noter que les musiciens mettent 55% de leur temps dans leurs activités musicales.

Le fait que le musicien (et les artistes en général) combine ses revenus en exerçant plusieurs activités fait de lui un travailleur flexible : il gère un portefeuille de clients tout en étant à la fois autoentrepreneur à travers ses activités de création. Travailleur flexible aux emplois multiples, il est ce qu’on appellerait un travailleur 2.0. L’étude démontre toutefois que les musiciens, en dépit d’un niveau élevé d’éducation, vivent bien en dessous du niveau de vie moyen en Flandre, en termes de chiffre d’affaires total.

En plus de garantir un revenu correct pour les artistes, le gouvernement doit se concentrer sur la simplification du cadre administratif et juridique dans lequel les artistes exercent leurs activitéq. Pour PlayRight, cela passe entre autres par un statut spécifique pour les artistes, qui ne sont ni des employés classiques ni des travailleurs indépendants : une dichotomie où de nombreux artistes sont déjà pris au piège.

L’étude complète est disponible ici, et un résumé détaillé ici.

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