De la télévision au théâtre : l’ascension et la popularité de Michiel De Meyer

31 mai 2019

Il est jeune, il en veut et il réussit tout ce qu’il entreprend. Michiel De Meyer, plus connu en Belgique pour son personnage de Arne de la série télévisée flamande « Thuis », porte aujourd’hui le nom de Louis Segers dans « 40 -45 », la comédie musicale la plus populaire en Flandre. Comment a-t-il débuté sa carrière d’acteur ? Et comment a-t-il enchainé rôle après rôle, sans pour autant avoir de l’expérience à la fin de ses études ? PlayRight lui a demandé !

Comment avez-vous débuté votre carrière d’acteur?

Michiel: À l’âge de 12 ans, j’ai participé pour la première fois à la comédie musicale « Pinocchio », produite par Studio 100. J’avais toujours rêvé de jouer dans une comédie musicale et à partir de ce moment-là, c’est devenu une activité régulière. Mes parents m’ont toutefois obligé à continuer mes études dans une école « normale », plutôt que d’opter pour des études artistiques. Après cela, j’ai passé un examen pour intégrer la section musique à la Dansacademie, une école située à Tilburg, aux Pays-Bas. En plus des cours de chant et d’art dramatique, c’est une école où l’accent est également mis sur la danse. Comme c’était la discipline où j’étais le moins expérimenté, j’ai décidé de postuler pour y faire ma formation et maîtriser les trois disciplines. Quand j’ai obtenu mon diplôme, j’ai pris l’habitude de faire des auditions pratiquement partout où je pouvais parce que je voulais travailler le plus tôt possible. C’est comme ça que j’ai fini dans « Ghost Rockers » [une série jeunesse en Flandre], puis dans « Thuis » [un feuilleton télévisé flamand]. Donc j’ai plutôt débuté en travaillant pour la télévision que pour les théâtres.

Est-ce-que la télévision était donc un choix ou une question de circonstances ?  

Michiel: Ce n’était pas forcément mon intention, mais je dois admettre que j’ai aimé. Cela dit, je n’avais jamais été formé pour jouer à la télévision et je n’étais pas conscient de tout ce que je faisais, en revanche je voulais quand même en faire l’expérience. J’ai eu la chance d’être au bon endroit au bon moment. Dans  » Thuis « , ils avaient besoin d’un personnage avec mon physique. L’avantage c’est que j’étais encore inconnu, le public ne m’avait donc jamais vu à l’écran comme un autre personnage. Et cette expérience dans « Thuis » m’a amené là où je suis maintenant parce que grâce à ce feuilleton, j’ai eu la chance de participer à « Star actor Star artist » [concours de chant flamand avec des acteurs].

As-tu commencé à chanter grâce à « Star actor Star artist » ou avais-tu déjà l’ambition de faire de la musique ?

Michiel: J’ai eu des cours de chant pendant ma formation, mais ça ne ressemblait en rien au « style pop » qui est plutôt populaire ici en Belgique. Avec mon rôle dans  » Thuis « , on m’a demandé de passer une audition pour « Star actor Star artist ». Je pensais que j’avais très peu de chances d’être pris, mais j’ai été sélectionné et quelques semaines plus tard, je faisais des concerts. Donc à ce moment-là, j’étais logiquement très loin d’imaginer que j’allais gagner… et j’ai gagné (rire). Mais j’ai dû m’adapter à un autre genre de musique. Après ma victoire, CNR Records m’a offert un contrat d’enregistrement via lequel je viens de sortir deux singles, et là on continue à travailler sur quelques nouveautés.

Quels sont vos projets actuellement ?

Michiel: J’ai arrêté  » Thuis  » parce que je ne pense que mon personnage n’était plus assez intéressant et novateur. Et je consacre la majeure partie de mon temps à la comédie musicale « 40 -45 », dans laquelle j’ai repris le personnage de Jonas Van Geel. A côté de cela, je chante aussi dans le Ketnet Musical et le Ketnet Band. Et surtout, j’ai repris le théâtre cette année et suis moins impliqué à la télévision.

Est-ce qu’il faut comprendre que vous préférez le théâtre à la télévision ?

Michiel: J’aime beaucoup le théâtre parce que tout se passe en direct. J’ai l’impression qu’on se perd plus dans son personnage, que c’est plus réaliste encore. Mais je reviendrai à la télévision bien sûr. Quitter  » Thuis  » était un risque parce que je disparais complètement de l’écran, mais je ne le regrette pas.

Vous avez enregistré deux singles, est ce que vous avez d’autres projets musicaux?

Michiel: Oui, je veux vraiment continuer à chanter et à sortir de nouvelles chansons.  J’écris moi-même les paroles mais j’ai toujours beaucoup de mal à trouver exactement ce que je veux, ce que je veux dire et quel est mon genre. C’est pour ça que je prends les choses faciles. Je travaille actuellement sur beaucoup d’autres projets, comme au théâtre et du coup j’ai un peu négligé l’écriture, à laquelle je reviens de temps en temps. Après « Star actor », j’ai créé mon propre groupe, avec lequel j’ai joué plusieurs fois l’été dernier. Et cet été, je vais surtout tourner avec le groupe de Ketnet. J’aimerais faire plus de musique avec mon propre groupe, mais pour ça, j’ai besoin de temps et d’un bon soutien.

Quel genre de soutien ?

Michiel: Des soutiens à plusieurs niveaux. J’ai la chance d’être soutenu par CNR Records. Quand un morceau est prêt, s’ils l’aiment, ils le financent. J’ai aussi besoin de soutien musical parce que je ne compose pas la musique moi-même. Je crois que c’est fondamental d’avoir LA bonne personne pour faire cela, celle qui soit capable de mettre par écrit ce que je veux dire. Et j’ai quelques-unes de ces personnes autour de moi.

Vous êtes membre de PlayRight, comment gérez-vous votre carrière d’acteur et de chanteur ?

Michiel: J’ai un agent parce que je ne comprends pas grand-chose à tout cela. Pendant mes études, on ne m’a jamais informé sur ce que je devais faire en tant qu’artiste, sur les droits, les sociétés de gestion, les organisations qui peuvent nous soutenir, où est ce que je devais m’inscrire… Résultat : vous entrez dans la vie professionnelle en tant que jeune acteur sans rien connaître de vos droits. Des collègues plus expérimentés m’ont conseillé de rejoindre PlayRight. J’ai regardé ce que vous faites plus concrètement et j’ai décidé de m’inscrire. Mon agent fait pratiquement tout pour moi, déclare toutes mes prestations et met à jour ma page IMDB. Je n’ai jamais reçu d’informations sur mes droits pendant mes études, et je suis convaincu que les écoles et les universités devraient vraiment investir dans cela, par exemple par le biais de cours et d’ateliers.

En parlant d’école, est-ce-que vous avez trouvé facilement du travail après vos études ? 

Michiel: J’ai eu beaucoup de chance et je n’ai pas eu à faire beaucoup d’efforts. En revanche, j’ai fait beaucoup d’auditions, qui ont souvent abouti. Et tout d’un coup, quand la plus grande société de production m’appelle, je suis à la télévision. Je crois qu’à ce stade c’est important de donner tout ce que vous avez et de faire exactement ce qui vous est demandé. Quand j’ai auditionné pour  » Thuis  » là encore j’ai eu la chance de faire une bonne audition et de m’adapter parfaitement au personnage qu’ils cherchaient. En gros, en tant que jeune acteur qui venait de terminer ses études, j’étais vraiment dans une position de luxe. Et avec « Star actor Star artist », je passais en plus dans une émission nationale en prime-time. En gagnant ce concours, j’ai fait un titre avec lequel les producteurs pouvaient travailler à des fins promotionnelles et les demandes de comédies musicales ont explosé.

J’ai la chance d’être assez bon pour faire des auditions (rires), et c’est un vrai plus. De très bons acteurs sont tout simplement mauvais en audition, ce qui est dommage parce que les auditions sont les moments où on doit montrer qui on est et ce qu’on est capable de faire. C’est à ce moment-là que les réalisateurs et les producteurs peuvent voir avec qui ils vont travailler. Et dès que vous travaillez pour une société de production qui peut utiliser votre nom pour vendre, c’est un vrai avantage par rapport à quelqu’un qui est toujours inconnu. C’est un peu cruel, mais c’est comme ça que ça se passe dans notre monde.

Un conseil pour les jeunes acteurs qui viennent d’obtenir leur diplôme?

Michiel: C’est difficile… Ce que moi j’ai fait, c’est accepter tout ce qui se présente. Il ne faut pas être trop sélectif et essayer des choses qui ne plaisent pas forcément au premier abord. Et je sais que ce n’est pas toujours évident mais de mon côté je suis sûr que j’ai tout essayé une fois, et c’est comme ça que j’ai pu apprendre ce que je ne voulais absolument pas faire. Au début, il s’agit d’essais et d’erreurs, parce qu’on n’a aucune idée de ce qui nous convient avant d’entrer dans le domaine professionnel. Au-delà de cela, je recommanderais à tout le monde de créer. C’est quelque chose que je ne fais pas assez, mais je veux aussi mettre en place plus de projets. Un autre conseil : appelez les directeurs de casting et invitez-les chaque fois que vous jouez, et continuez à contacter les agences de casting, même si ça peut sembler répétitif. 

Quelle est votre sentiment face à l’évolution numérique de l’audiovisuel et de la musique? Êtes-vous inquiet à ce sujet?

Michiel: Hummm, je n’y pense pas beaucoup. La télévision est peut-être un média qui meurt au profit de Netflix et compagnie, mais qui sommes-nous en Belgique, en Flandre, pour faire le poids sur ce marché international …

Pensez-vous que ça peut avoir une influence négative sur votre carrière professionnelle en tant qu’acteur?

Michiel: En fait, je vois ma carrière dans deux domaines différents: le théâtre d’une part, et la télévision, de l’autre. Dans le dernier domaine, je suis actuellement moins impliqué parce que le théâtre et les comédies musicales sont en plein essor ! Il y a même une offre beaucoup trop large. La comédie musicale « 40 -45 », par exemple, est si populaire qu’elle dépasse toutes les autres en termes de public. Toute la Belgique veut voir cette comédie musicale et les autres pièces musicales perdent tout intérêt et c’est un problème. En tout cas, c’est matière à réflexion, même si pour tout vous avouer, je n’y pense pas trop moi-même. Est-ce que c’est mauvais pour votre interview (rires) ? Et je veux aussi vraiment m’impliquer pour l’audiovisuel flamand ! Qu’on retrouve de nouveau de la fraîcheur en introduisant de nouvelles idées, de nouvelles productions, et il va de soi que j’adorerais jouer dans une d’entre elles (rires). 

Dans quels projets on pourra vous voir prochainement ?

Michiel: Cet été, je participe à la comédie musicale « Titanic », je joue aussi dans « Mama Mia », et dans « 40 -45 » jusqu’en mai 2020 … donc beaucoup de comédies musicales et de théâtre. En plus de cela, je veux écrire et diffuser ma musique, faire un film avec des amis … En fait je veux faire plein de choses ! Mais je vais attendre d’avoir moins de travail pour pouvoir travailler à mes propres créations.

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